Ce tracker recense et analyse les mesures adoptées par les États membres de l'Union européenne en réponse au choc énergétique consécutif au conflit au Moyen-Orient. Il a vocation à être actualisé toutes les deux semaines au rythme de l'évolution du conflit et des réponses politiques qu'il suscite. Le lien est mis à jour directement sur le site de l'Institut Jacques Delors.
Dans un premier temps, chaque État membre a été classé selon trois statuts : "mesures actives, en discussion, ou aucune mesure en place". Quatre pays ont été identifiés comme étant en discussion. Les Pays-Bas, qui ont jusqu'ici privilégié la stabilité budgétaire et la lutte contre l'inflation, n'ont pas encore traduit cette orientation en mesures concrètes. Le Danemark et le Luxembourg se sont limités à des communications publiques appelant les citoyens à réduire leur consommation d'énergie, sans qu'aucune disposition nationale contraignante n'ait été adoptée. La Slovaquie présente quant à elle un cas particulier : si des mesures ont bien été mises en place, elles ne s'appliquent qu'aux véhicules étrangers transitant par le territoire national (limitations d'approvisionnement, tarification majorée du carburant) sans qu'aucune mesure équivalente ne bénéficie aux citoyens slovaques. Cette asymétrie explique son classement dans la catégorie en discussion plutôt que parmi les pays à mesures actives.
Par ailleurs, la majorité des États membres (23) ont participé au déblocage de réserves stratégiques pétrolières coordonné par l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Cette action n'a pas été comptabilisée comme une mesure nationale active, dans la mesure où elle relève d'une décision collective et coordonnée au niveau international, et non d'une initiative propre à chaque gouvernement. Elle figure néanmoins dans la catégorie "sécurité d'approvisionnement" pour les 23 pays concernés.
Chaque pays dispose d'une fiche individuelle comprenant : la coalition politique au pouvoir ainsi que les dates des prochaines élections afin de recontextualiser les choix politiques effectués à l'aune des futurs échéances électorales ; les dates d'entrée en vigueur et de fin annoncée des mesures, étant entendu que des ordonnances peuvent prolonger leur durée d'application au-delà de l'échéance initiale ; le coût estimé tel qu'annoncé par le gouvernement (certains pays communiquent un coût mensuel, d'autres sur une période plus longue).
Le filtre Temporalité, disponible en haut à droite, permet de comparer la durée des mesures annoncées entre pays. Enfin, le mix électrique 2025 de chaque pays est renseigné à partir des données Ember, retenues systématiquement afin de garantir la comparabilité entre États membres. Ces données permettent d'apprécier le degré de dépendance aux énergies fossiles — en particulier au gaz — et donc la vulnérabilité relative de chaque pays face au choc énergétique.
Les mesures actives ont été regroupées en huit catégories : blocage des prix (9 pays), incluant plafonnement quotidien, gel ou prix maximum du carburant ; mesures fiscales (15 pays), spécifiquement pour les secteurs énergétiques, comprenant baisses de TVA, d'accises ou reports de hausses de taxes ; régulation des marges (12 pays), via des mécanismes anti-spéculation, de suivi ou de plafonnement des marges commerciales ; mesures sectorielles, ciblant les secteurs les plus exposés comme le transport, l'agriculture ou la pêche ; protection sociale (10 pays), avec indemnisations des ménages ou blocages des prix de l'énergie pour les foyers ; sobriété et rationnement (5 pays) ; sécurité d'approvisionnement (23 pays) ; et électrification (3 pays), via des incitations aux véhicules électriques, pompes à chaleur ou soutien à l'électrification de l'industrie. Les filtres disponibles en haut à droite permettent d'isoler chacune de ces catégories.
Un filtre supplémentaire distingue les mesures ciblées des mesures non ciblées. Les mesures ciblées sont celles spécifiquement orientées vers les ménages modestes ou les secteurs économiquement vulnérables — par exemple une aide réservée aux foyers sous un certain seuil de revenus, ou une subvention dédiée aux petites exploitations agricoles. Les mesures non ciblées, à l'inverse, s'appliquent à l'ensemble de la population sans distinction. Les mesures sectorielles sont, par définition, intégrées dans la catégorie des mesures ciblées, dans la mesure où elles s'adressent par nature à un secteur d'activité spécifique et non à l'ensemble de la population. Certaines catégories, comme la sécurité d'approvisionnement ou la régulation des marges, ne font pas l'objet de ce filtre, dans la mesure où leur nature structurelle ne se prête pas à une logique de ciblage socio-économique.
Les données de prix sont issues du Weekly Oil Bulletin de la Commission européenne, retenu pour sa couverture homogène de l'ensemble des États membres et sa fréquence hebdomadaire. Les relevés sont présentés à deux dates : avant le début du conflit et à la dernière date disponible, permettant ainsi de mesurer l'évolution des prix à la pompe depuis le début de la crise.
Un tableau de bord agrégé, disponible en haut à gauche, présente le mix électrique de l'Union européenne dans son ensemble en 2025 ainsi que la somme des montants annoncés par les États membres, s'élevant à 9,2 milliards d'euros. Ce chiffre agrégé doit toutefois être interprété avec précaution : les modalités de communication varient sensiblement d'un pays à l'autre, certains gouvernements indiquant un coût mensuel, d'autres un montant total sur la durée de la mesure, d'autres encore un plafond maximal de dépenses susceptible de ne pas être intégralement mobilisé. Cette hétérogénéité des modes de déclaration limite la stricte comparabilité des montants entre États membres.
L'onglet Sources recense l'ensemble des références mobilisées. Les informations ont été systématiquement croisées entre sources publiques officielles et médias nationaux pour en vérifier la fiabilité. Les données de temporalité reflètent les mesures en vigueur au 7 avril 2025, sous réserve de prolongation par ordonnance.
Les données présentées sont issues de sources publiques et de médias cités. Ce tracker a été réalisé dans la publication de l'Institut Jacques Delors intitulée « Guerre en Iran : un électrochoc pour la transition énergétique européenne? »
Citation recommandée : Moscovici, A., Nguyen, P.-V, « Guerre en Iran : l'électrochoc tant attendu pour la transition énergétique européenne? », Policy brief, Institut Jacques Delors, Avril 2026
Pour toute question ou information complémentaire : moscovici@delorsinstitute.eu